Il y a trois sortes d'hommes : les Vivants, les Morts, et ceux qui vont sur la Mer. [Aristote]
 
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 L'Edit de l'Ours

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MessageSujet: L'Edit de l'Ours   Ven 31 Aoû - 12:51

Devant le palais du Roi, toute une foule, immense, était attroupée. Il y avait presque toutes les races, presque tous les gens de la capitale. Et face à eux, sur une estrade, se passait un événement qui resterait longtemps dans les mémoires des Esprits.

Il y avait le Roi Ours, majestueux, puissant malgré son âge qui ternissait sa fourrure. Sa couronne, faite d'or et de pierreries et ayant la forme d'un cercle de lierre, reposait sur sa tête à l'expression sévère. Un de ses crocs, plus grand que l'autre, ressortait de sa mâchoire, lui donnant un air encore plus sombre. C'était d'une patte sévère, et dure, qu'il régissait son royaume, mais beaucoup s'accordaient à dire qu'il était un bon souverain.

Un bon souverain, qui, cependant, avait rassemblé sur l'estrade trois animaux attachés. Un chat, un raton laveur, et un moineau. Autour d'eux, il y avait des gardes pour les immobiliser en cas de tentative de fuite suicidaire, un bourreau qui attendait vraisemblablement des ordres, et un orateur.

L'orateur s'avança, se mettant un peu en avant, et faisant face à la foule.


-Peuple Esprit ! Aujourd'hui se joue quelque chose d'important pour nous tous... Alors tendez l'oreille, et faites parcourir les informations que vous entendrez dans tout notre Monde.

Cet orateur était un perroquet aux multiples couleurs, voletant tout en s'exprimant.

-Vous tous savez que des choses étranges se passent dans le Monde de nos Humains, et qu'ils sont en danger. Bien sûr, notre inquiétude générale est justifiée... Mais certains d'entre vous commencent à douter de nous. Ou plus exactement, à douter de notre souverain et de nos conseillers.

Un murmure dans la foule accompagna cette remarque, jusqu'à ce que le perroquet reprenne, d'une voix plus forte :

-Nous pouvons avoir peur, mais perdre la foi en notre Seigneur est une faute indiscutable ! C'est une insulte à notre Monde, à notre histoire, à nous tous ! Et pourtant, certains en sont à ce point-là... Vous serez probablement d'accord avec nous pour dire que celui qui ne croit plus en le Roi, ne croit plus en notre société. Celui qui n'a plus confiance en le Seigneur Ours n'a plus confiance en lui même, et est un traître à notre Peuple Esprit !!!

Le Roi s'approcha de l'orateur, lui faisant signe de se taire, et annonça, de sa voix forte, et portante, bien que vieillie.

-C'est pour étouffer cette trahison que certains montent contre chacun d'entre nous que l'Edit de l'Ours est aujourd'hui proclamé. Cette nouvelle loi condamne à mort quiconque porte des propos haineux, insultants, ou hésitants au sujet de quiconque vivant dans le palais royal. De plus, ceux qui nous espionnent, s'ils sont découverts, seront eux aussi condamnés. Et pour finir, il est conseillé à tout un chacun de nous livrer ceux que vous soupçonnez d'être traîtres à la couronne... Un jour par semaine, les condamnés que nous auront trouvés, et enfermés, seront tous égorgés sur cette estrade, qui portera le nom de Place de la Justice. Nous serons cléments envers les traîtres qui se dénoncent, car nous leur laisseront la vie, malgré une sévère punition.

-Le Roi vous remercie de votre bienveillance, reprit le perroquet. En guise d'exemple, ces trois Esprits, qui ont été découverts en train de fouiller dans la salle de nos conseillers, vont être exécutés sous vos yeux. Que les traîtres entendent notre menace, et reprennent le droit chemin !

Le bourreau s'approcha des trois condamnés. C'était une panthère, noire. Un mâle. Son regard, félin, sans une once de pitié, se posa sur les premières victimes de l'Edit de l'Ours.

Du sang coula sur la Place de la Justice. Un liquide rouge, un exemple de la dureté du Roi Ours. Le bourreau avait bien fait son travail.
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Lycia Malawé
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MessageSujet: Re: L'Edit de l'Ours   Lun 3 Sep - 13:05

Mii était très nerveux, contrairement à son habitude.

Les derniers instants qu'il avait partagé avec Lycia, son autre moi comme il adorait l'appeler, avaient été très forts mais s'étaient très mal terminés. A sa grande suprise, Lycia lui en avait voulu atrocement de l'avoir amené avec lui, loin de sa terre à elle, à la découverte de l'endroit où, lui, vivait; l'amenant si loin qu'elle n'avait plus eu de réel contact avec sa terre.

Mii n'avait pas compris pourquoi cela avait autant mis en colère la jeune femme d'avoir manqué une bagarre si violente et si sanglante : tout cela était hors de la compréhension du petit papillon, qui ne pouvait concevoir une vie dangereuse, violente ou sanglante.

Peiné, en colère, il avait erré pendant de longues heures dans l'immense prairie où il avait élu domicile depuis quelques temps maintenant, en essayant de comprendre pourquoi son autre moi avait réagi de façon si... démesurée.

Négligeant les fleurs colorées où il adorait se poser et butiner leur délicieux nectar, ne se souciant pas du soleil qui caressait doucement ses petites ailes, il erra pendant un long moment, mais la compréhension ne lui vint pas.

La haine ayant fait finalement place au regret, il décida, sans comprendre pourquoi, de quitter sa prairie quelques temps pour se rendre en ville, afin d'essayer de mieux comprendre tous les autres. Ainsi peut-être arriverait-il à comprendre son autre moi, et pourrait enfin essayer de lui adresser des sincères excuses.

Après plusieurs journées de vol fatiguant, Mii arriva enfin à la ville... et faillit en repartir tout de suite. Tout était si gris ! Pas de fleur, presque pas de soleil... La déception et le malaise du petit être fut si grand que ses couleurs se fanèrent quelque peu et perdirent de son éclat. Comme ce n'était pas la première fois que cela lui arrivait, il n'en tient pas compte, mais s'accrocha fermement à sa résolution pour avancer plus en avant dans les ruelles qui lui paraissaient si sombres.

Après de longues heures d'errance, une nuit passée dans le froid et la peur, toute nouvelle sensation pour lui qui le glaça, littéralement, d'effroi, le soleil se leva sur le petit papillon s'arrêtant devant une foule attroupée devant un immense bâtiment gris, froid.

Néanmoins, toute l'attention du petit papillon fut concentrée sur les créatures qu'il voyait devant lui : jamais il n'avait vu autant de monde, jamais il n'avait été aussi proche d'être presque comme lui. Cela le rendit un peu plus joyeux, mais n'effaça pourtant pas la tristesse d'être séparée de son autre moi.

Un majestueux ours s'avança sur l'estrade et Mii sut tout de suite que cet animal était un animal très puissant. Oh ! Comment tous les autres animaux le regardaient ! Mii n'avait jamais vu ça et ne comprenait pas ce que cela voulait dire. Mais comme il comprenait que quelque chose d'important se passait, il voleta au-dessus de la foule, se fraya un chemin parmi les créatures volantes et arriva finalement assez près de l'estrade pour comprendre ce qu'il se disait.

Pourtant, Mii ne comprit rien à ce qu'il se passa ensuite : que ce soit le discours, les menaces ou bien l'exécution, Mii ne comprit rien. Enfin si, il comprit quelque chose : que jamais il ne comprendrait pourquoi son autre moi et toutes ses créatures prenaient plaisir à tuer des êtres de leur espèce.

Horrifié, désorienté, Mii s'envola vite et loin à la fin de l'exécution, les images de la mort de ses trois malheureux marquées à jamais dans son esprit.

Agité, nerveux et se sentant terriblement seul, Mii voleta jusqu'au toit d'un bâtiment et, envahit soudain d'une extrême lassitude, se posa sur une pierre tiède et sombra dans une terrible dépression, toutes ses pensées tournées vers son autre moi, là-bas, dans cet autre monde.
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MessageSujet: Re: L'Edit de l'Ours   Mer 31 Oct - 15:34

Deux yeux fixèrent le petit papillon, peu de temps après son atterrissage. C'était deux yeux gris, pâles, et inquiets.

De ce toit, on voyait parfaitement la foule, et on aurait pu suivre chaque geste de la mise à mort avec une curiosité poussée, ou, simplement, avec un besoin de comprendre ce qu'il se passait. L'être qui se trouvait là, vraisemblablement, n'avait pas pu quitter la scène du regard, jusqu'à ce qu'un papillon ne détourne son attention.

Son pelage gris, un peu délavé par les années, informait de l'âge avancé que le babouin possédait. Il prit place sur le rebord du toit, non loin du papillon, et passa sa main sur son visage, comme pour mieux se réveiller.


-On n'a de cesse de dire que les hommes ne sont que des êtres violents, pourtant, j'ai bien peur que nous ne vallions guère plus.

Il se gratta le front, extirpa une puce de ses poils, la mangea, et ajouta :

-Peut-être que la plupart des êtres vivants sont voués à la folie. Il n'y a pas de race supérieure, quand tout le monde peut sombrer dans la colère. Et, désormais, notre monde sera aussi dangereux que celui de nos compagnons.

Etait-il conscient que, peut-être, le papillon n'avait strictement rien à faire d'un vieux singe en pleine discussion philosophique ?

-Cela me fait mal de le dire, mais, j'espère que quelqu'un osera se soulever contre un tel gouvernement. Nos jeunes ne peuvent pas vivre dans la terreur.

Le singe secoua ses poils, posa son regard sur les silhouettes de la foule.

-Les hommes se battent entre trois camps... nous, nous avançons droit dans la guerre civile.
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Lycia Malawé
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MessageSujet: Re: L'Edit de l'Ours   Mer 31 Oct - 19:28

Mii sursauta, pour autant qu'un papillon pouvait sursauter. Cette voix, venue de nulle part. Un instant, il prit peur. Il songea à s'enfuir, à ne pas l'écouter parler. Mais il était trop las, et il sentait bien que ses ailes ne le porteraient pas très loin. Et il n'était pas candidat à un plongeon suicide du haut du toit.

Il ouvrit paresseusement les yeux, et aperçut celui qui venait de parler. Un... singe? Tout cela était si nouveau pour lui ! Il n'était pas certain de l'espèce du singe - après tout, on en rencontre rarement entre deux roses - mais il était au moins certain d'une chose : l'animal n'était pas tout jeune.

Mii l'écouta attentivement, cherchant à comprendre ce qu'il voulait dire. Se soulever? Guerre civile? Ces concepts ne lui disaient absolument rien, mais il sentait en leur coeur qu'ils n'apporteraient que plus de désolation et de chagrin.

Le petit papillon ne sut que répondre. Etaler son ignorance à cet individu sortit d'il ne savait où? Et puis, n'était-il pas en train de le charmer? De belles paroles et, hop, la seconde d'après, le petit Mii filait directement rejoindre la petite puce.

Mais sans savoir vraiment pourquoi, il se sentit en confiance avec le vieux singe. Peut-être parce que, dans sa voix, il sentait l'espoir et la fatigue, comme lui? Ou alors tout simplement parce que, s'il avait voulut le tuer, il n'aurait pas pris la peine de lui parler?

Le silence durait depuis de longues secondes déjà, et Mii se décida à dire quelque chose :
"Vous aussi, vous avez l'impression que tout... comment dit-on? Tout va à l'eau? Je ne suis pas certain de l'expression..."

Il se perdit quelques secondes dans ses souvenirs, puis se força à en sortir et continua :
"J'ai senti de la joie tout à l'heure, lorsque ce pauvre animal est... mort. Comment peut-on être heureux de la mort de quelqu'un?"

Et soudain, une vérité lui balaya l'esprit, le glaçant de terreur :
"Mais... Si comme moi ces animaux avaient un autre eux... Que leur sont-ils arrivés? Ils sont morts, eux aussi? C'est... horrible !"

Le petit Mii se raidit sous le froid qui l'envahit soudain, ses couleurs si chatoyantes à l'extérieur de la ville virant au gris. Comment ferait-il si son autre moi disparaissait? Et comment ferait-elle, elle, si lui mourait? Le froid enserra un peu plus son petit coeur de papillon.
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MessageSujet: Re: L'Edit de l'Ours   Dim 11 Nov - 21:09

Le singe esquissa un sourire triste, moitié amusé par le silence du papillon, moitié attristé par ce qu'il s'était passé dans la place, peu de temps auparavant. Il avait l'air calme, il avait les gestes lents, mais était-ce pour rassurer le pauvre petit être à ses côtés, ou était-ce parce que sa vieillesse ne lui permettait pas d'être particulièrement vif ?

Il était difficile de le savoir, et les deux raisons devaient probablement se mêler l'une à l'autre, pour donner cette situation.


-Je comprends ce que vous voulez dire... oui, c'est une impression qu'on ne peut pas s'empêcher d'avoir...

Il se gratta de nouveau, mais, cette fois-ci, ne s'attaqua pas à la puce qui semblait l'embêter. En quelque sorte, il devait être un bel hôtel pour ces parasites.


-Beaucoup d'animaux ont des instincts cruels. Mais je crois que quelque chose ne fonctionne pas comme d'habitude. Personne n'aurait du ressentir de la joie, avec ces morts, juste un sentiment qui pousserait à la révolte, une envie d'arrêter ces meurtres.

Le babouin prit un air encore plus grave, pour répondre aux derniers questionnements du petit papillon...

-Leurs autres eux... Et bien, si ces animaux sont morts injustement, ce n'est rien par rapport à leurs humains qui sont morts sans savoir pourquoi. C'est certainement encore plus cruel...

Il se redressa, plissant son museau au vent, puis ajouta :


-Quelqu'un a perdu la tête, dans le château. Nous avions rêvé d'un monde juste, et nos rêves s'effritent. Bientôt, la ville ne sera plus un havre de paix. Je me demande s'il faut fuir vers les forêts... Est-ce vraiment une solution, que de tourner le dos aux risques et à nos problèmes ?
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Tegarw Aelhaearn
[PNJ] Soldat ~ Rebelle


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Totem: Garw - Ourson blanc
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MessageSujet: Re: L'Edit de l'Ours   Jeu 29 Nov - 12:26

Il y avait un ours, dans la foule. Un petit ours au regard inquisiteur, qui s'inquiétait de ce qu'il se passait dans son monde. Trois êtres venaient de mourir devant lui, la panique se ressentait, tout autour, même si aucun geste particulier ne se faisait, comme si el temps en avait été suspendu.

Et peut-être, après tout, était-ce le cas. Peut-être que tout cela n'avait plus de sens, peut-être que le monde sombrait, doucement, basculait, pris de vertige, vers une chute lente, mais efficace.

Il n'était pas bien positif, sur le coup, s'en étonna un instant, puis se dit que c'était peut-être la vue du sang, ou l'idée cruelle du Roi, qui le mettait ainsi. Très bien. Parfait. Il était curieux, il allait l'être encore un peu. Encore un tout petit peu, s'il se faisait découvrir. Il voulait savoir ce que le Roi avait de si beau à cacher, pour éliminer les gens comme lui. Et il défiait son seigneur de percer à jour ses petites idées.

Le petit ours blanc secoua son pelage. Bousculés par des soldats, les animaux autour de lui s'éparpillaient, petit à petit. Bientôt, dans les abris, les Esprits parleraient de ce qu'ils avaient vus, et se dépêcheraient de mettre au courant leurs Humains.

Il n'y avait rien de mieux pour inquiéter un peuple, et de faire naître des rumeurs, que d'agir ainsi.Il s'inquiétait un peu, apparemment, de savoir si le Roi avait fait exprès, ou non. Beaucoup de ses sujets trouveraient la mort, dans un cas pareil. En temps normal, il allait même jusqu'à admirer ce grand ours, et ses capactés à régner.

Alors, il y avait quelque chose de louche dans la situation. Il se mit en marche, poussé par un soldat, pour s'arrêter un pâté de maisons plus loin. Et il fronça ses sourcils blancs, songeur. Quelque chose de louche, oui. Quelque chose d'anormal. Quelque chose dont il fallait se méfier, là, pourissait soit les yeux du Roi, soit ceux de son peuple.
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Ayleen Aenor
Cartographe.
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Totem: Aezel - Cygne
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MessageSujet: Re: L'Edit de l'Ours   Ven 30 Nov - 5:01

Le cygne baissa la tête, déçu. Et attristé. Ainsi il ne voyait plus le sang qui s'écoulait lentement sur le pavé de la nouvelle Place de la Justice. La Justice... y en avait-il réellement dans ces actions atroces ? Aezel était perché sur un des toits entourant l'espace dégagé sur lequel on avait dressé l'estrade. Son regard teinté de vert fixait la foule des animaux en bas. Ils commençaient à quitter les lieux du drame, seuls ou en groupe, lentement dispersés par les soldats. En rentrant chez eux, ils auraient tout le temps de penser à ce qui venait de se passer. De tenter de comprendre, peut-être. Ou d'essayer de tout occulter pour pouvoir reprendre une existence tranquille. Qui sait ? Cela dépendait de chacun. Mais tous étaient probablement envahis par la même sensation : l'inquiétude. Déjà, Aezel sentait qu'elle s'insinuait froidement en lui, le faisant frissoner.

Il savait, comme tous les autres, que des choses étrangent se passaient dans le monde des humains. Il y pensait souvent, visitait plus régulièrement Ayleen dans ses rêves pour vérifier qu'elle allait bien. Mais il ne voyait pas en quoi exécuter toutes les semaines des animaux allait aider à résoudre la situation. C'était... absurde. Le cygne avait du mal à y penser de manière rationnelle, à en tirer quoi que ce soit. Ils avaient le droit d'avoir peur avaient-ils dit. Mais ils n'avaient pas le droit de perdre la foi en leur roi, de douter de ses décisions, de dire quoi que ce soit contre lui, sous peine de mort. Cela n'avait pas de sens. D'après lui, l'Ours était un bon Roi. En temps normal. Il y avait des ennuis, bien sûr, mais c'était partout pareil. Et dans l'ensemble, le cygne n'avait pas à se plaindre. Mais cet Edit... qu'il prévoit déjà une exécution par semaine l'inquiétait. Ils risquaient de redoubler de méfiance simplement pour remplir l'échafaud à chaque fois à la date prévue, et peut-être que des innocents y passeraient également. Non, pas peut-être, se corrigea-t-il. Certainement. Surtout si, comme le Roi le disait, la délation était encouragée. Des personnes pouvaient en profiter pour préter à d'autres qu'ils n'aimaient pas des propos qu'ils n'avaient pas prononcé... simplement pour se débarrasser d'eux. Et l'Ours le savait probablement. Cela ne l'empêchait pas d'agir ainsi. Mais il n'arrivait pas à faire le lien entre les problèmes dans le monde des humains et ce qui se passait ici, sous ses yeux. A moins que le Roi ne veuille que détourner l'attention. Mais... ces moyens étaient démesurés pour simplement détourner l'attention. Aezel secoua une nouvelle fois la tête. Il ne comprenait pas. Tout ce qu'il savait, c'était que cela n'augurait rien de bon.

Détournant les yeux de la place, il balaya le toit sur lequel il s'était installé du regard. Plus loin, il y avait un babouin qui de là où il était semblait parler seul. Le cygne fit quelques pas en avant, s'approchant de lui. Pour une fois, il n'avait pas envie de rester avec ses pensés comme seule compagnie. Car elles n'avaient rien de réjouissant. Et il était... curieux... d'entendre ce que ses compatriotes avaient à dire sur ce qu'il venait d'arriver. Au bout de quelques instants, Aezel entendit une petite voix, qui n'était assurément pas celle d'un babouin. Et c'est alors qu'il remarqua un papillon, qui parlait des humains des esprits qui venaient d'être exécutés. Son coeur se serra à cette pensé. Il connaissait la réponse. C'était celle que le singe fournit. Brusquement, ils avaient dû perdre la vie, comme foudroyés... Il baissa la tête. Ses pensés se tournèrent vers Ayleen. Il l'aimait beaucoup, et avait peine à imaginer que si il lui arrivait quelque chose, elle en pâtirait également. Tout ce qui se passait ici était dénué de bon sens.

Les paroles du babouin trahissaient bien sa pensé. La ville serait très rapidement un endroit dangereux. Un endroit où une odeur de peur régnerait dans les rues, où personne ne ferait confiance à personne. Ce n'était pas ainsi qu'il voulait vivre. Mais... que fallait-il faire ?

" Ils nous rattraperont, qu'on leur tourne le dos ou non. "

La voix du cygne était sombre tandis qu'il se plaçait à côté du singe. Il ne voyait pas quoi dire d'autre. Il ne savait que faire, et avait besoin de temps pour réfléchir. Mais du temps, en avaient-ils ? Et eux, que pouvaient-ils faire ?

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Lycia Malawé
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MessageSujet: Re: L'Edit de l'Ours   Dim 2 Déc - 20:58

Mii écouta les réponses du babouin gravement, en essayant de ne pas laisser transparaître toute la colère et le désespoir qui le submergeait. C'était... insensé. C'était horrible. C'était cruel. C'était... inhumain. Il fut choqué par cette pensée. D'où lui venait-elle? Comme pouvait-il savoir une chose pareille? C'était... déroutant, inexplicable. Mais il garda cette fois ses questions pour lui-même, n'osant déranger le babouin avec ses interrogations...

Mais également parce qu'un cygne majestueux venait de les rejoindre. Avec méfiance, Mii le vit approcher et prendre la parole, sans qu'on l'ait invité. Pourtant... oui, pourtant, malgré sa méfiance, il accueillit avec bonne humeur le nouveau venu. Après tout, comme l'avait si justement dit le singe, une période troublée était sur le point de commencer et il n'était pas question de commencer à se faire des ennemis de partout, pour des raisons aussi futiles.

Si Mii avait été un humain, il aurait certainement haussé les épaules. N'étant qu'un simple papillon, il se contenta de répondre :
"Je n'aime pas les villes, c'est la première fois que j'y viens. D'ailleurs, j'aurais préféré ne jamais quitter mes prairies et mes cours d'eau. Dès demain, je compte y retourner. Je suis petit, avec un peu de chance ils ne me retrouveront pas. Et puis, de toute façon..."

De toute façon quoi? Il n'avait fait aucun mal, aucun tort? L'excuse du désintérêt total des problèmes de ses semblables ne fonctionnerait certainement pas. Mais que faire d'autre? Rester ici et se battre? Que pouvait-il faire, lui qui était si petit, si fragile?

Non, c'était décidé. Dès demain, il retournait chez lui, à l'abri de la fureur de ce Roi. Et s'il le fallait, il volerait jusqu'à l'autre bout de leur monde. Il trouverait bien un endroit où il pourrait se cacher. Seule la survie de son autre soi comptait.
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MessageSujet: Re: L'Edit de l'Ours   Dim 2 Déc - 22:19

Le babouin demeura silencieux, apparemment très peu surpris par la présence d'un cygne, qui venait de les rejoindre. C'était peut-être sa vieillesse qui donnait cette impression, mais, souvent, il avait un tel regard, que plus rien ne semblait avoir un quelconque intérêt, une quelconque importance. Pourtant, il était réellement touché par ce qu'il venait de se passer devant ses yeux, en bas, sur la place. Un monde venait de tomber dans la peur, les soldats allaient devenir plus violents. Bientôt, il faudrait bine choisir son camp. Il faudrait rester suffisamment hypocrite avec le monde, pour n'avoir que des amis. Que des alliés. Et livrer rapidement ses amis à la sentence la plus terrible.

Il pensait aux Humains, aussi. Si c'était la débandade chez les Esprits, cela le deviendrait probablement chez les Humains. En temps normal, les Esprits avaient des formes parfois moins puissantes que leurs Humains. Il n'était pas rare, d'ailleurs, qu'un Humain se place, dans la mesure du possible, comme protecteur de son autre soi-même. D'ailleurs, à quel point étaient-ils différents ? Quand on tuait un Esprit, ou un Humain, pouvait-on dire qu'on tuait deux personnes, ou une seule ? Une part de l'être mort était innocente. A chaque fois que quelqu'un arrivait à la fin de sa vie, une autre part de lui, sans raison, disparaît. Il y avait quelque chose de fondamentalement injuste, là-dedans.

Le cygne s'installa avec eux. Le singe ne savait pas encore si c'était là un ami, ou un ennemi, mais au point où ils en étaient, le sort en était jeté : si c'était un ennemi, il avait probablement entendu des choses qui n'auraient pas dû l'être. Pourtant, aucune marque d'agressivité de sa part. Au contraire, il se montra plutôt... résigné. Oui, c'était le sentiment qui s'échappait de cette phrase unique.

Le papillon, lui, du peu qu'il pouvait le voir, accorda rapidement sa confiance à l'inconnu, et se montra plutôt rageur. Oui, il y avait de la colère, avant d'être résigné, il y avait de l'incompréhension. Pourquoi un si bon Roi faisait-il quelque chose d'aussi ridicule ? Il n'y avait pas de raison. Il n'y avait aucun intérêt à plonger un peuple dans la peur.


- Ici ou ailleurs, je pense que la nouvelle te serait vite venue, petit papillon. Tant que les oiseaux volent, les rumeurs passent rapidement des uns aux autres. Et ce n'est pas là une rumeur qui perd de sa véracité au gré du vent.

Il se gratta la tête un court instant, puis fit un petit bond en arrière.

- Il faut faire quelque chose. Il faut comprendre, mais se poser des questions est devenu interdit. Bientôt, nous n'aurons plus le droit de penser.

Marchant quelque peu sur le toit, il avait l'air perdu dans ses pensées, un léger vent soufflant dans son poil grisâtre.

- Si nous fermons les yeux, nous ne faisons qu'attendre la mort de nos Humains. Si nous agissons, nous avons un risque de mourir. Mais ne serait-ce pas une mort en héros ? Une mort digne, qui nous permettrait de faire avancer les choses... non, c'est reculer, qu'il nous faut. Revenir à un temps plus paisible. Loin de ces nouvelles craintes.

Il ferma les yeux.

- Je suis si vieux... Les choses m'échappent. Mais je vais agir...
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Opale
Second du Capitaine


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MessageSujet: Re: L'Edit de l'Ours   Lun 3 Déc - 20:05

Palli pensait à Opale. Enfin, c'était un euphémisme, car Palli pensait toujours à Opale, mais, là, plus que jamais, elle pensait à Opale. Tout d'abord, elle s'inquiétait. Dans son piètre et continuel aller-retour entre Ael et sa recherche de nourriture, elle n'avait pas tellement entendu ça. Ou alors elle l'avait entendu et avait pris ça pour des délires d'animaux attardés.

Bref, c'était tout ce qu'il y avait à son avis à retenir du discours du Roi et de son toutou... Heu pardon, perroquet. D'habitude, les oiseaux lui inspiraient plus confiance que les autres animaux, mais là, il fallait dire qu'il lui faisait autant d'impression qu'un poulet. Ca n'a aucun savoir-vivre, les poulets, vous savez ?

Quant à l'Edit de l'Ours...C'était une grave erreur. A son avis, arrêter et éventuellement tuer n'importe quel larve parce qu'il a dit quelque chose de travers sur un membre de toute la petite élite du palais, y'avait rien de mieux pour qu'on se mette à penser tout bas ce que quelques glandus prennent le risque de dire tout haut.

Et puis, ces trois victimes lui avaient glacé le sang. Les pies, enfin surtout pas elle, n'aimaient pas le sang. Le sang, c'est pas beau, c'est pas correct et ça provoque la peur. Remarque, c'était précisément pour ça que le bourreau s'était appliqué à tacher la Place.

Des fois, elle aimerait être une humaine, se dit-elle en se posant sur un toit. Un peu plus, loins, un babouin, un papillon et un cygne semblaient secoués par la nouvelle, eux aussi. Peut-être penseraient-ils qu'elle les espionnaient, mais c'était de peu d'importance, après tout. Qu'ils pensent ce qu'ils veulent, elle ne voulait parler à personne. Si ce n'était à Opale. Et puis, la révolte, ces trucs-là...ça pourrait risquer sa vie. Alors non.

Roh, mais qu'est-ce qu'elle était venue faire ici ? Les villes, c'est source de problèmes. Elle le savait, pourtant. Qu'est-ce qu'elle avait eu besoin de venir mettre son nez ici ? C'était pas drôle, de ne pas être malin, se dit - elle en regardant la foule se disperser en contrebas.
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Mary Bonny
Stratège


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MessageSujet: Re: L'Edit de l'Ours   Dim 16 Déc - 19:33

Anne semblait pensive. Elle se sentait un peu mal, en cette soirée. Elle était venue ici spécialement parce qu'on avait annoncé un événement spécial. Le Roi allait parler, disait-on. Elle verrait bien. Ce pourrait être intéressant. Et puis, il y aurait de nombreux esprits... qui sait, elle rencontrerait un ennemi ? un allié ? Enfin, plus exactement, un ennemi ou un allié d'Anne. Et si elle pouvait s'en occuper, tant mieux...
Quoi qu'il en fût, elle écouta attentivement l'orateur parler. L'Edit de l'Ours ? Intéressante loi. Elle voyait déjà se profiler à l'horizon des dénonciations simples, et efficaces. D'autant que le Roi avait même parlé de soupçons... il suffirait de soupçonner pour mettre en difficulté un Esprit.
Leur mort ne lui fit pas grand chose. De toutes façons, de là où elle était, elle ne vit pas les corps tomber ; à peine le sang gicler.
Bien.
Il fallait trouver une proie...
Quelqu'un. Se renseigner. Savoir qui pouvait avoir pour Totems un corsaire, un pirate, ou un marin. N'importe qui, pourvu que ce soit un de ceux-là.
Elle commença, lentement, à marcher. Pourquoi au fait faisait-elle cela ? Pour aider son humaine. Elle en avait besoin... et ils étaient mauvais. Elle les avait vus agir.
D'ailleurs, elle était même à Ael quand Mary avait combattu. Elle était fière d'elle. Et elle avait bien vu quelques autres esprits accourir, et s'évanouir en même temps que leurs humains mourraient.
Des corsaires, des pirates, des marins ? Tant mieux. Leurs morts rendraient le monde meilleur.

C'est dans cet esprit qu'Anne recherchait un esprit à qui parler. Enfin, ce n'était pas toujours facile quand on est une salamandre... beaucoup d'esprits étaient plus grands qu'elle ; certains mêmes ne la remarquaient pas.
Il était temps, enfin, de rechercher une proie...
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MessageSujet: Re: L'Edit de l'Ours   Mar 18 Déc - 17:31



Que d'agitation, de stupeur dans la foule qui était horrifiée par l'acte commis, par la censure environnante! Certains semblaient offusqués, d'autres approuvaient au contraire, mais peu de personnes étaient indifférentes à ce coup d'éclat. Oui, le roi était un bon souverain, mais là, il passait de roi éclairé en suzerain despotique. pas le droit d'émettre un avis contraire, de critiquer? Qu'est-ce que c'était que ce nouveau régime? A époques désespérées, mesures déespérées disait-on, mais c'était ainsi que s'installaient les tyrans!

Un jeune félin, silhouette dégingangées, haut sur des pattes minces fendait la foule à son tour, excité par l'odeur de sang. Non, il n'avait prit aucun plaisir à cette exécution. Il était un chasseur, pas un bourreur. Les victimes n'avaient au aucune chance de s'en sortir et avaient été abattues sans sommation. C'était laid. C'était indigne. Cela révulsait le jeune félin. Il n'était pas très intéressé par la politique, trop jeune, trop insouciant pour cela. Mais là, il était obligé de penser, de se révolter contre cette atteinte à la liberté d'expression!

Comme Caitleen, Asgard aspirait à la liberté et se retrouver ainsi enchainé par un édit royal le révoltait. Et que dire des récompenses fournies au délateur? C'était de l'encouragement à la délation, à ce principe totalement immoral. Pauvre époque... Ca donnait au fougueux félin des envies de se rebeller ouvertement, mais c'était dangereux. mieux valait ne pas se faire remarquer, non?

D'ailleurs, en parlant de se faire remarquer... Il leva la tête et découvrit un groupe sur les toits, qui parlait sans doute de cet édit. Que disaient-ils? Curieux de savoir, et sans aucune envie d'espionner, il se dirigea vers le toit, qu'il grimpa habilement, se dévoilant ainsi à un vieux singe, un papillon et un cygne. Il y avait une pie un peu plus loin.

- "Vous savez qu'un tel attroupement attire l'attention? On pourrait penser que vous complétez contre le Roi."

Le félin avait dit cela d'une voix légère, pas menaçante pour un sou. Il n'avait aucun intêret à les menacer.
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Jorus Falcone
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MessageSujet: Re: L'Edit de l'Ours   Mer 19 Déc - 23:17

Ses pupilles d’or glissaient sur la foule, détachant chaque silhouette, jusqu'à celle du Roi elle-même, ou encore, des trois corps immobiles, mort exécutés sur la nouvelle place rouge de la justice. Horiis aussi était venu, coupant sa course dans les rocheuses de Nynnyaw pour répondre à l’appel que les esprits lançaient par delà les terres. Le bon Roi Ours allait parler…
Tout le monde avaient écouté le roi ou encore dressait une oreille vers les caquètements de son porte-parole coloré et maintenant l’équilibre semblait avoir était rompu, le roi devait le savoir et le savait sûrement, qu’il créerait ce piaillement, cette cohorte de discussion. Tout le monde pesait le pour et le contre, une rumeur plus grande encore que celle qui l’avait amené ici, résonnerait jusqu'à Yuzkad.
L’aigle royal avait déjà choisi son camp, si on peut nommer camp, ainsi les distorsions dans chaque esprit qui se jouaient aujourd’hui, il serait la balance, neutre comme à son habitude. Peser dans chaque force quand il le faudrait pour ne pas faire rompre la corde qui allait se tendre. Il aimait cet équilibre.

Il se laissa tomber en avant, détachant ses serres de l’enseigne où il s’était posé, à quelques têtes seulement de la foule, il n’avait manqué aucune seconde du spectacle et maintenant il s’en retournait sûrement à ses occupations. Son corps tomba, avant que ses ailes se déploient, battant l’air puissamment, lui faisant frôler, sur son chemin, fourrures, plumes et autre écailles dispersés maintenant par les gardes royaux.
Une de ses plumes châtains frôla un toit et il contourna la baraque avant de s’élever enfin haut dans le ciel.
Il tournait maintenant au dessus de la place, en d’immenses cercles, dominant la foule qui ne serait bientôt constituée que de quelques badauds.
Ce n’était pas les silhouettes du babouin, du cygne ou encore le pelage pigmenté du serval, ni du minuscule papillon qui le faisait hésiter sur quel courant se porter, c’était son humain, le préviendra t’il ? Après tout, il l’avait déjà laissé dans l’ombre depuis un certain temps, puis qu’aurait’il à se soucier de cela, alors qu’il était à peine capable de raisonner, préférant se nourrir de vengeance.
Non, son humain était apparemment encore trop jeune et immature pour poser sa raison sur les vraies lois qui régissait ces deux mondes…
L’Edit de l’ours ne pourrait pourtant faire oublier les mystérieuses rumeurs qui enflaient mais ce n’étaient que des souffles, plus faibles encore qu’une brise. Et même Horiis n’en connaissait exactement tous les fondements.
Les reflets sombres du fuselage d’une pie frappèrent aux yeux du rapace, et il l’examina, planant toujours, une pie seule était surprenant, les pies aimaient se noyer dans les parlotes inutiles, et alors que chacun était en groupe pour poser leur point de vue ou simplement écouter pensivement, cette pie qui était à l’écart et une pie silencieuse de surcroît était toujours étonnant, peut-être après tout, cherchait-elle quelque chose d’or ou d’argent à piquer.
Il eut envie, non pas qu’il était intéressé et que quelque chose à l’intérieur le poussait à vouloir se poser prés de cette pie, c’était juste un automatisme de compréhension et bien qu’il ne prenait pas ça pour de la curiosité cela s’en rapprochait grandement, et il referma ses ailes brusquement les rabattant sur lui-même alors qu’il venait de se poser aux côtés de l’oiseau noir et blanc, songeur.


« Notre monde semble basculer lentement au même niveau que celui de nos confrères, humains… vous semblez songeuse dame pie ? »


Il fit claquer son bec plus violement sur "humain", il n’avait jamais eu d’attachement comme semblait ressentir tous les autres esprits à leur jumeau bipède, en tout cas celui auquel il était lié n’avait pas encore montré s’il était digne ou non pour cela.…
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MessageSujet: Re: L'Edit de l'Ours   Ven 21 Déc - 13:43

Il y eut un chant magnifique, puissant, écho d'une autre réalité, d'un autre monde. Ceux qui avaient vu leurs Humains combattre contre Tianh pouvaient reconnaître dans ce son l'annonce d'une mort magnifique, d'une mort monstrueuse, aussi.

Et ce chant retentit, puissant, unique, merveilleux, dans Jili. Et plus loin encore. Tout ce monde en fut frappé, et tout ce monde se retrouva porté dans la beauté d'une mort.

Pourtant, cette mort avait eu lieu ailleurs, dans un autre temps, une autre époque, peut-être, même. Il s'agissait d'un ailleurs, de quelque chose que certains prenaient comme un rêve, et que d'autres prenaient comme une douloureuse réalité. Le Monde des Humains, une sorte d'envers d'une médaille qui s'effritait. L'envers du merveilleux Monde des Esprits, qui chutait... qui avait, plus exactement, à peine commencé une longue chute.

Des êtres brillèrent. Non, pas n'importe lesquels. En bas, c'étaient des gens de l'armée, portant ostensiblement les armoiries du Roi Ours. Ils se montraient comme des puissants, et ils brillèrent d'une aura bleutée, et pâle... qui rappelait, là encore, le sang de Tianh.

Le sang... ce fut peut-être, justement, un appel du sang qui les fit tourner la tête vers le rassemblement qui commençait à se faire. Ce serait une tuerie. L'un d'entre eux appela justement à la mort des gens qui s'étaient agroupés.

Deux aigles firent frémir leurs ailes, et s'élancèrent, deux vautours les suivirent. Et, au sol, il y avait un lion. Immense, terrible, avec le regard d'un chef. Et tous les cinq étaient purement et simplement décidés à tuer.
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Tegarw Aelhaearn
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MessageSujet: Re: L'Edit de l'Ours   Sam 29 Déc - 12:50

Le petit ours ne suivait pas réellement la scène qui se passait en haut... du moins, en apparence. Dissimulé dans l'ombre d'une pierre, il faisait simplement son curieux. N'avait pas grand chose à faire de ce qu'il se passait, mais, d'un autre côté, il voulait se tenir le plus au courant possible de ce qu'il se passait dans son monde. Et cela passait, forcément, par une écoute attentive de tous ceux qui s'opposaient à ce que disait le Roi... de cet attroupement qui prenait place, là, donc.

Garw fut quelque peu surpris, quand il entendit le chant. Tout simplement parce que son état de petit ours, et, dans un autre monde, de grand soldat, ne lui avaient pas donné l'occasion de voir, ni d'entendre parler de Tianh, le monstre mort dans le Monde des Humains, tué par l'alliance formée entre les Pirates, la Marine et les Corsaires. Alors, en entendant ce cri, ce chant, plus exactement, il ne sut pas ce qu'il se passait. Il se contenta de le trouver magnifique, ce qui était déjà... très bien, après tout.

Cependant, quand il vit les soldats du Roi qui se mirent à briller, il n'apprécia plus le chant comme une beauté de la nature, mais comme un acte monstrueux, qui appelait des êtres à la guerre, au mal. A la tuerie.

Haïssant la situation, et ces soldats qui allaient plonger sur des animaux qui n'avaient fait de mal qu'en hésitant et en se posant des questions sur leur monde, il sortit ses griffes, et montra les crocs dans l'ombre de sa cachette.

Garw bondit, avec une assurance déconcertante, sur le dos du lion, en y plantant ses crocs. La peau de l'animal qui subissait son attaque était brûlante, mais il ne porta pas attention à cela. Il préférait ne pas s'inquiéter de ce sang blanc qui coulait de la plaie qu'il venait de créer. Le lion se débattait, il avait besoin d'aide, et pas qu'un peu, car si cela continuait, il serait éjecté... et ne donnerait pas cher de sa peau.

Ses grognements, appelant les êtres qui se réunissaient jusqu'ici à bouger un peu, étaient sombres, et guerriers. Pas question de laisser ces soldats faire du mal à des innocents.
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L'Edit de l'Ours

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